SWEN Capital Partners développe une nouvelle stratégie d’impact dédiée aux océans

 

Jérôme Delmas

Olivier RaybaudChristian Lim En accueillant les fondateurs de Blue Oceans Partners dans sa plateforme, le gérant spécialise encore un peu plus le développement de ses fonds à impact. Et s’attaque à l’un des grands chantiers du 21e siècle : préserver un des composants majeurs de la vie sur Terre et de la régulation du climat.

Bonne dynamique en cette année 2021 pour SWEN Capital Partners : alors qu’il finalise le déploiement de son premier fonds d’impact dédiée aux gaz renouvelables (SWIFT), et prépare le lancement de son second millésime, le gérant à profiter de l’occasion donnée par le Congrès mondial de la Nature de l’UICN à Marseille pour lancer SWEN Blue Ocean, une nouvelle stratégie de gestion à impact de 120 millions d’euros. Visant à financer des start-ups innovantes dédiées à la régénération de l’océan, elle a effectué fin juillet un premier closing de 52 millions d’euros avec le soutien de ses partenaires historiques la Macif et le Crédit Mutuel Arkéa, ainsi que par des investisseurs français et étrangers.

Un partenariat évident 

“L’histoire de ce fonds est un peu similaire à celle de SWIFT”, relate Jérôme Delmas, CEO de SWEN. “Pour développer un fonds thématique, vous avez besoin de partenaires qui sont des experts.” D’où le recrutement d’Olivier Raybaud et Christian Lim, deux vétérans du monde de la finance et cofondateurs, en 2018, de la firme d’investissement Blue Oceans Partners, pour prendre la tête de l’équipe du fonds, qui compte aujourd’hui 4 collaborateurs. 

Derrière ces deux hommes, une passion et un constat : les océans sont en train de se dégrader rapidement. “Nous avons constaté que cette prise de conscience était partagée par un écosystème d’entrepreneurs qui apportait des nouvelles solutions innovantes, avec un impact plus rapide et plus systémique”, raconte Olivier Raybaud. “Malheureusement, peu de firmes de capital-risque se spécialisent dans cette thématique. Il y avait donc un manque à combler.” 

Dès le début, la stratégie du fonds est définie par la réalité du pipeline : le vivier de startups se trouve majoritairement en série A, avec des technologies prouvées. Mais les deux fondateurs se heurtent vite à une seconde réalité : en tant que nouvelle équipe d’investissement indépendante, difficile de convaincre les grands investisseurs institutionnels, et donc d’accélérer le mouvement. Par ses valeurs et engagements, SWEN s’est vite imposé comme un partenaire idéal : le mariage a eu lieu en moins de trois mois. Jérôme Delmas, lui, voit ses nouveaux partenaires comme “les membres d’un triptyque gagnant : Olivier et Christian pour leur expertise et leur place dans cet écosystème, SWEN en tant que plateforme de référence en ESG/Impact et Ifremer en tant que partenaire scientifique”, l’institut public de référence en sciences et technologies marines ayant vocation à venir accompagner SWEN dans l’étude des opportunités d’investissement sur la base de critères scientifiques et techniques robustes.

L’innovation au secours des océans

Et les objectifs sont de taille. SWEN Blue Ocean s’attaque aux trois principales menaces qui pèsent sur l’océan : l’impact du changement climatique, la surexploitation de l’océan, notamment la surpêche, et et la pollution des océans. « Nous cherchons avant tout des innovations qui apportent des solutions à ces menaces et qui présentent un impact positif”, souligne Olivier Raybaud. “Concrètement, cela implique des investissements très diversifiés dans des marchés qui offrent à la fois des opportunités d’innovation mais aussi des performances de croissance de par leur taille.” La surexploitation des océans peut ainsi être combattue par le développement d’une aquaculture durable en remplaçant la farine de poissons par de la farine d’insectes, mais aussi la réduction de la pêche accidentelle, de la perte de matériel de pêche en mer ou le développement d’alternatives végétales aux produits de la mer. 

Concernant la lutte contre la pollution marine, nous concentrons principalement nos efforts sur la lutte contre les rejets agricoles et la pollution plastique”, note Olivier Raybaud. “Le meilleur moyen d’agir est alors sur terre, en travaillant sur la réutilisation des emballages et des contenants, l’optimisation du recyclage ou encore le remplacement du plastique par des produits biodégradables dans l’environnement marin.” Les solutions marines au changement climatique (éolien offshore, énergies houlomotrices et décarbonation du transport maritime) sont aussi sur la table de SWEN Blue Ocean, qui vise à accompagner au moins 25 startups à terme. B.C

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