SBF 120 et croissance externe - Le Magazine des Affaires

SBF 120 et croissance externe

Cette première édition de l’indicateur de la croissance externe du SBF 120 est riche d’enseignements. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, les entreprises qui composent l’indice ne se sont pas montrées frileuses en matière de développement. Afin de s’adapter au mieux à l’environnement actuel, elles n’ont pas hésité à ajuster leur périmètre. Au total, les 80 sociétés (le CAC 4O a été exclu du panel) ont réalisé pas moins de 197 acquisitions et cessions.

Si l’on met de côté Natixis et Dexia qui ont réalisé ensemble pour plus de 20 milliards d’euros de cessions au cours de l’exercice, l’année 2011 aura été marquée par un nombre importants d’acquisitions et de cessions de taille petite ou moyenne. Cela s’explique sans doute par l’environnement économique et la volonté des groupes à croître tout en maîtrisant leur endettement. « La question de la création de valeur est au centre des préoccupations de tous les acteurs. Personne ne veut se lancer dans des acquisitions trop coûteuses et difficiles à digérer. La tendance est plus aux acquisitions ciblées à l’international pour renforcer sa couverture géographique et profiter de la dynamique de certaines zones comme le Brésil ou l’Asie », explique Bertrand Thimonier, Directeur Associé de Sodica CF Mid-Caps (en photo).  C’est ainsi qu’au cours de l’exercice 2011, le groupe Bureau Véritas a acquis une douzaine de sociétés dans des pays à forte croissance et dans des activités à fort potentiel, représentant un chiffre d’affaires annuel cumulé de plus de 50 M€ (Auto Reg, leader de l’expertise-dommages de véhicules automobiles au Brésil, les sociétés Atomic Technologies et Scientige en Asie ou encore Civil-Aid, en Inde).  Dans la même dynamique, on peut également citer Faurécia qui a fait des acquisitions en Inde et en Chine.  Dans un autre secteur, celui des médias, Havas a également fait ses emplettes en reprenant des agences de communication en Asie et Australie. Sans aller aussi loin pour réaliser des acquisitions, Orpéa a fait le choix de compléter son dispositif de cliniques en Espagne et en Belgique. Il est difficile de dresser des tendances lourdes tellement les sociétés composant l’indice sont hétérogènes. Mais on notera toutefois que certains secteurs ont particulièrement été actifs en 2011. Comme le montre le graphique ci-contre, la Finance (En matière de cessions), l’Energie (côté acquisitions), les services et  les technologies de l’information (à l’achat et la vente) se sont avérés les plus dynamiques. Autre fait marquant de l’année sur le SBF 120 : l’annonce de la fusion entre les foncières Silic et Icade qui devrait prendre forme en 2012.

Comment trouver des ressources pour financer la croissance : l’exemple de Rubis

Parmi les projets de développement les plus ambitieux des sociétés du SBF 120, on peut citer celui de la société Rubis, spécialisée dans l’aval pétrolier et chimique autour de 2 pôles d’activité : le stockage de produits liquides (produits pétroliers, chimiques, engrais et huiles végétales) et la distribution de GPL ou de fiouls. Le groupe affichant un chiffre d’affaires de 2,1 milliards d’euros en 2011 s’est construit à la fois en réalisant d’importants investissements et par acquisitions successives. Il s’est illustré cette année encore avec une très forte croissance de son chiffre d’affaires (+46%). Pour conduire sa stratégie, la direction réalise des augmentations de capital souvent en amont de croissances externes.  C’est ainsi que fin 2010, les dirigeants de Rubis, ont mené à bien une augmentation de capital de 127 millions d’euros, dans un contexte boursier pourtant très volatil.

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