M&A 2012 : les entreprises jouent la prudence pour se développer à l'international - Le Magazine des Affaires

M&A 2012 : les entreprises jouent la prudence pour se développer à l’international

Menée auprès d’un panel de 400 entreprises mondiales réalisant au moins 1 Md $ de chiffre d’affaires, la dernière étude du cabinet Clifford Chance ‘‘Les nouvelles perspectives des opérations de M&A transfrontalières’’ témoigne d’un déplacement du centre de gravité  de l’activité M&A vers le Pacifique. Gilles Lebreton et Dessislava Savova (en photo), Associés de Clifford Chance à Paris, nous en révèlent les principaux enseignements.

Un parfum de protectionnisme plane sur le commerce international. Symptômes parmi d’autres, les résultats de  la dernière étude de The Economist commanditée par Clifford Chance démontrent que des facteurs particulièrement présents dans les marchés à forte croissance tels que l’instabilité politique, sociale et économique ou les barrières culturelles ont conduit les acteurs du marché à adapter leur stratégie.  ‘‘Nous assistons aujourd’hui à deux types d’opérations’’, commente Gilles Lebreton, Associé du bureau de Paris. ‘‘Des fusions dans des pays émergents destinées à faire gagner des parts de marché dans des zones en forte croissance, ou au contraire des deals défensifs qui permettent aux entreprises de conforter leur coeur de métier. Les résultats de l’étude sont en ligne avec notre perception locale des dossiers.’’  79% des dirigeants interrogés déclarent ainsi vouloir se développer sur leur coeur de métier plutôt que dans des activités périphériques (21%), à l’image de ce que vient de faire Carrefour en rachetant l’un de ses principaux franchisés Guyenne et Gascogne, ou PSA, actuellement en cours de cession de sa filiale de logistique Gefco.
Reste la question des moyens.  Et sur ce point, les entreprises semblent davantage enclines à recourir à leur cash puisque plus d’un tiers des entreprises interrogées (37%) prévoient d’utiliser leurs réserves de trésorerie afin de financer de futures opérations plutôt que de procéder par voie de financements bancaires ou de levées de fonds (émissions de titres de capital ou de titres de dettes sur les marchés financiers). Autre enseignement : le plébiscite par 37% des dirigeants interrogés de la structure  des joint-ventures et partenariats stratégiques. ‘‘En privilégiant les joint-ventures et les partenariats stratégiques par rapport aux acquisitions pures et dures, les entreprises cherchent à réduire les risques inhérents à tout développement à l’étranger et à répondre à l’émergence de réglementations locales à caractère protectionniste, notamment dans les pays émergents. Une joint-venture n’a d’ailleurs pas nécessairement vocation à durer dans le temps et peut servir de préalable à une montée au capital progressive à travers le recours aux call options’’, note Dessislava Savova, Associé de Clifford Chance.
Crise oblige, les entreprises subissent de plein fouet l’activitisme des actionnaires. La pression croissante qu’ils exercent est  ainsi identifiée par les dirigeants interrogés comme étant l’une des principales motivations de la poursuite des activités M&A transfrontalières. ‘‘L’influence des actionnaires se fait sentir aussi bien dans la conduite des opérations de M&A que dans l’utilisation plus générale des capitaux de la société.  Raison pour laquelle une fois conclue, une opération stratégique se doit d’être soigneusement vendue aux actionnaires sous peine de se révéler destructrice de valeur. On s’aperçoit ainsi que les dirigeants n’ont jamais pris autant de soin à préparer leurs assemblées générales’’.

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