La licorne Doctolib lève 150 M€ pour accélérer à l’international

doctolib photoNé fin 2013, Doctolib s’est imposée en cinq ans comme le champion incontesté de la prise de rendez-vous en ligne en France et en Allemagne. Après avoir racheté son principal concurrent MonDocteur, elle entend désormais accélérer pour tisser sa toile à l’international.

Le 22 mars 2019, c’était officiel : Doctolib est devenue une « licorne » française et a rejoint le club des Deezer, Blablacar et Venteprivée.com. Il faut dire que la start-up franco-allemande, spécialisée dans la prise de rendez-vous médicaux sur Internet, n’a pas chômé depuis sa création en octobre 2013 par Stanislas Niox-Chateau et trois ingénieurs, Jessy Bernal, Ivan Schneider et Steve Abou Rjeily. L’idée était simple : mettre en contact les patients et les médecins et faire ainsi gagner du temps aux médecins souvent débordés d’activité. La jeune équipe lève son premier million auprès d’entrepreneurs tels que Bertrand Jelensperger, le créateur de LaFourchette et Olivier Occelli. Les premiers résultats sont impressionnants. « Les rendez-vous non honorés des praticiens ont baissé de 75% », explique Stanislas Niox-Chateau, aujourd’hui DG de Doctolib. Le nombre d’adeptes, lui, ne cesse de croître jour après jour. Si bien que neuf mois plus tard, la jeune pousse lève à nouveau quatre millions d’euros auprès de ses investisseurs historiques mais aussi des Pierre Kosciusko-Morizet et de Pierre Krings. Pour son premier anniversaire, elle affiche 1 500 professionnels de santé à son service, dont l’abonnement mensuel a été fixé à 99 €. Dès 2015, Doctolib lève 35 M€ puis 26 M€ en sollicitant ses partenaires financiers historiques, Bpifrance et à Ludwig Klitzsch. Doctolib compte alors 300 collaborateurs et devient leader en France avec une part de marché de 80 % ». Elle référence 17 000 professionnels de santé et poursuit sa croissance sur le marché allemand, où un bureau a été ouvert à Berlin en mai 2016.

Un changement d’échelle programmé

Aujourd’hui, la licorne est devenue le premier site d’e-santé en Europe, avec 30 millions de visites chaque mois. Pas moins de 75 000 professionnels de santé y sont désormais abonnés, et 1 400 établissements de santé, répartis entre la France et l’Allemagne, font appel à ses services. Loin d’être rassasié par cette croissance hors norme, Stanislas Niox-Chateau s’est fixé comme prochain défi d’accélérer le déploiement de son service de téléconsultation en France et en Allemagne mais aussi dans de nouveaux pays.

Le but ultime de Doctolib est de devenir un acteur mondial mais cela coute cher, très cher. Et ce changement d’échelle programmé passe par une nouvelle ouverture de son capital. Toujours aussi courtisée par les VCs, Doctolib vient de lever 150 M€, très majoritairement en equity, auprès de l’américain General Atlantic et de ses principaux VCs historiques, à savoir Bpifrance, Accel Partners, Eurazeo Growth (dont l’engagement est porté à 55 M€) et Kernel Investissement. Au total, la licorne a donc empoché pas moins de 235 M€. Une manne qu’elle entend utiliser pour se développer en Europe du Sud et aux Etats-Unis, sans pour autant s’interdire des opérations de croissance externe.

Acteurs clefs de l’opérationGeneral Atlantic : Chris Caulkin ; Eurazeo Croissance : Yann-Hervé Du Rusquec ; bpifrance : Nicolas Herschtel ; AccelPartners : Philippe Botteri ; Kernel Investissement : Pierre Kosciusko-Morizet ; Conseils investisseurs juridiques: Baker McKenzie (Hélène Parent, Matthieu Grollemund, Madalina Asandului), Jones Day (Renaud Bonnet), Freshfields (J.Rebibo, A.Mason) ; due diligence stratégique : Candesic (Marc Kitten, David Wentholt) ; Conseil juridique cible : Gide (Pierre Karpik).

 

Coline Ziegler

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