Au 1er trimestre 2019 Argos IndexTM se stabilise à 10,1 x l’EBITDA

Capture d’écran 2019-07-15 à 11.29.35Cette stabilité par rapport au trimestre précédent masque une divergence entre la hausse continue des multiples payés par les acquéreurs industriels, à 11,0 x l’EBITDA, et le repli des multiples payés par les fonds à 9,3 x l’EBITDA.

Comme au trimestre précédent, les PME/ETI (Dont la valorisation est comprise entre 15 et 500 M€) sont valorisées 10,1 fois leur Ebitda, selon l’Argos IndexTM Soit un plus haut historique. Dans le détail, il convient de distinguer les transactions réalisées par acquéreurs stratégiques et les fonds. Les corporate ont en effet payé leurs emplettes

11 fois leur Ebitda (contre 9,3 fois leur Ebitda pour les fonds). Plus de deux acquisitions sur trois effectuées par les acquéreurs stratégiques ont dépassé les 10x. La hausse est d’autant plus marquée que l’activité M&A mid-market de la zone euro s’est repliée de 12% en volume et 30% en valeur par rapport au trimestre précédent. Les perspectives d’un assouplissement monétaire de la BCE, les incertitudes sur la croissance européenne et les tensions politiques liées au Brexit ont perturbé l’activité M&A en Europe.

Le contraste est également marqué avec les multiples des sociétés cotées du mid-market, qui malgré leur remontée à 8,5 x l’EBITDA restent très en deçà de l’Argos IndexTM .

Pour Louis Godron, « cette différence de valorisation pourrait être une opportunité pour les fonds de réaliser des rachats à bon compte de sociétés cotés, d’autant que la loi pacte à abaisser le seuil d’intégration récemment». Autre enseignement : la forte correction des marchés action au 4ème trimestre 2018 n’aura pas eu d’impact sur les prix du non coté. Le maintien de l’Argos IndexTM à un niveau élevé s’explique par l’attrait toujours plus marqué pour le non coté à la fois des investisseurs en recherche de rendement, et des grands groupes cotés en quête de croissance, qui représentent ce trimestre plus des deux-tiers des acquéreurs stratégiques.

Une plus grande résilience du PE français

Pour la première fois depuis sa création, Argos IndexTM s’est focalisé sur le marché français. On apprend ainsi que depuis dix ans, les valorisations des sociétés françaises ont progressé de 52 %. Autre enseignement : si les valorisations des sociétés françaises sont inférieures à celles de la zone euro en 2018 (9,3 fois l’Ebitda, contre 10 fois dans la zone euro), elles sont aussi historiquement supérieures en période de crise, le PE français faisant ainsi preuve d’une plus grande résilience. De quoi attirer les investisseurs institutionnels…   O.B

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