A 3,2 milliards d'euros, Circet triple sa valorisation pour son passage chez ICG  - Le Magazine des Affaires

A 3,2 milliards d’euros, Circet triple sa valorisation pour son passage chez ICG 

Les LBO majeurs étaient attendus pour l’année 2021. Ils font désormais acte de présence. Cette fois-ci, c’est au tour de Circet de remettre un pied dans le jeu pour un troisième LBO. La branche Private Equity du fonds britannique ICG a ainsi fait l’acquisition, fin mai, du spécialiste des infrastructures télécoms auprès d’Advent International, qui cède sa participation au capital de l’entreprise. L’opération valorise Circet 3,2 milliards d’euros pour près de 350 millions d’euros d’Ebitda.

Une preuve indéniable de la croissance fulgurante de l’entreprise ces dernières années : lors de l’entrée au capital d’Advent International en 2017, Circet enregistrait alors 128 millions d’euros d’Ebitda et une valorisation d’un milliard d’euros ! Son chiffre d’affaires a également bondi de 775 millions d’euros en 2017 à 2,2 milliards d’euros en 2021. Une métamorphose aidée par la forte croissance des réseaux de télécommunications mobiles et fixes, aussi bien dans l’Hexagone ces dernières années à la faveur du plan gouvernemental Très Haut débit, lancé en 2013, que dans les 7 nouveaux pays européens dans lesquels le groupe s’est développé ces 3 dernières années  

Un management de qualité 

Derrière cette croissance fulgurante se cache une équipe de management fondatrice comme on en voit peu, selon Michael Ogrinz, Partner au sein du fonds américain Advent International et à la tête du bureau français. L’équipe dirigée par Philippe Lamazou sort du lot sur toutes les dimensions. “Ce sont des entrepreneurs au sens propre du terme, dotés d’une capacité à apprécier le risque et à s’emparer rapidement des opportunités qui se présentent. Surtout, les équipes sont très soudées et sont fédérées autour du souci de l’excellence du service aux opérateurs télécoms, ce qui fait leur réputation et leur succès.” Preuve en est, le management avait déjà bâti le leader français lors de l’arrivée d’Advent au capital. Quatre ans plus tard, les équipes dirigeantes n’ont pas changé. “Ils ont su s’adapter sans difficultés au passage de la gestion d’une grande ETI 100% française à un groupe international d’envergure ”

Un management solide, une vision et un marché porteur : il n’en fallait pas plus. “Dès le début de notre partenariat, deux axes de développement étaient ressortis clairement, relate Michael Ogrinz. D’abord, prolonger le succès en France et défendre leur place de numéro un français des services aux opérateurs d’infrastructures télécoms. Ensuite, capitalisant sur cette expérience en France,  porter le groupe au-delà des frontières françaises et ce de manière significative.” 

Ambitions internationales 

Le succès du groupe est indéniable : le chiffre d’affaires France est passé de 800 millions d’euros à 1,1 milliard d’euros en croissance organique à travers de nouveaux contrats et une extension des services à des clients existants. Mais c’est dans son ambition européenne que Circet a fait la différence : le groupe a mené une dizaine d’acquisitions entre 2018 et 2020, notamment en Irlande avec KN Group (350 millions d’euros de CA), en Espagne avec Cableven, au Benelux avec Esas  et tout particulièrement en Allemagne, où a été déployé une stratégie de consolidation d’un marché très fragmenté avec les acquisitions successives de Tombers, Eltel, Cableway, Schneider Networkservice et K&R Eilers, représentant ensemble près de 200 millions de chiffre d’affaires. “L’idée était de racheter et s’associer avec les meilleurs acteurs de cette industrie dans ces nouveaux pays, et les aider à dynamiser leur croissance en capitalisant sur l’expérience développée en France dans le secteur du Très Haut Débit et dans le Mobile”, souligne Michael Ogrinz. En Angleterre ou en Espagne, Circet a accompagné ses nouveaux partenaires dans de nouveaux services, comme le déploiement des infrastructures mobiles télécoms, accélérant ainsi leur croissance organique.” 

Si l’Italie et d’autres pays européens restent encore sur la table, Circet s’inscrit désormais dans un nouveau plan de croissance international. Avec, en ligne de mire, le marché nord-américain, une terre d’opportunités. “C’est un marché encore très fragmenté et régionalisé, à l’image de l’Allemagne”, juge Michael Ogrinz. “il ne compte que deux gros acteurs américains qui sont d’une taille comparable à Circet. Cela laisse une longue liste de sociétés qui devraient permettre au groupe de s’implanter aux Etats-Unis avec succès.” Comme il l’avait fait en France, le management de Circet fait donc le pari d’une consolidation certaine du secteur aux Etats-Unis, et projette d’être un des moteurs de cette histoire. Avec, cette fois-ci, le soutien du britannique ICG (Intermediate Capital Group), dont la fermeté de l’offre, doublée d’un savant mélange de prix et de pacte de gouvernance, a su convaincre le management fondateur et Advent International. 

Acteurs clefs :

 Cédant – Advent International (Michael Ogrinz). Conseils financiers :  Morgan Stanley (Arnaud Bouyer, Dominique Cahut), Natixis Partners (Nicolas Segretain, Julien Plantive) ; Conseil juridique : Allen & Overy (Romy Richter, Guillaume Valois, Florence Ninane, Thomas Roy), Latham & Watkins (Xavier Farde), Paul Hastings (Olivier Deren) ; DD Financière : Eight Advisory (Pascal Raidron, Mathieu Morisot) ; DD stratégique : Oliver Wyman (Emmanuel Amiot, Tarik Ouahmed, Charles de Pommerol)

Acquéreur – ICG. Conseil juridique : Willkie Farr & Gallagher (Eduardo Fernandez, Gabriel Flandin, Faustine Viala)

Management (Philippe Lamazou). Conseil juridique : DLA Piper (Xavier Norlain, Fanny Combourieu, Jérôme Halphen)

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