3 Questions à : Olivier Millet, président de l’Afic

Olivier Millet, président de l'Afic

Olivier Millet, président de l’Afic

« Nous contribuons à construire des entreprises plus grandes et plus fortes qui ont bien compris l’importance et l’intérêt d’avoir un actionnariat stable, pour mener à bien leurs projets de transformation et mieux faire face à la concurrence mondiale »

MdA : Les derniers chiffres de l’Afic montrent le capital investissement regagne du terrain en France avec plus de 1000 pme soutenues au premier semestre 2016. Comment interprétez-vous ces chiffres ?

Olivier Millet : En effet, au 1er semestre 2016 le capital-investissement français a franchi un nouveau palier avec plus de 1.000 entreprises financées. Des start-up, PME et ETI ont reçu 5,5 milliards d’euros de capitaux sur cette période pour donner vie à leurs projets de croissance. C’est 47% de plus que l’an passé sur la même période ! Ces excellents chiffres traduisent la montée en puissance progressive du capital-investissement français comme nouvelle forme d’actionnariat professionnel qui finance et accompagne les entreprises. C’est une très bonne nouvelle pour l’économie française, car cela traduit la dynamique des PME et ETI qui portent une grande partie de la croissance française. C’est également le signe de la confiance des entrepreneurs vis-à-vis du capital-investissement, où des actionnaires, pour un mandat en moyenne de 5 à 6 ans, deviennent les co-constructeurs de la croissance des entreprises.

MdA : Vous disiez il y a un an que nos PME sont deux fois plus nombreuses que les PME allemandes ou anglaises mais aussi deux fois plus petites. Pensez-vous que nos PME peuvent rattraper leur retard et à quel horizon de temps ?

Olivier Millet : Oui je pense que la France a tous les talents pour faire croître en taille ses PME. Elle dispose tout d’abord du talent entrepreneurial. Les managers français évoluent dans un environnement économique, réglementaire, fiscal, extrêmement complexe, spécifique à la France, dont on peut souhaiter qu’il évolue vers un allégement et une plus grande stabilité. Malgré cela, force est de constater que nous disposons de managers de très grande qualité qui ont de l’ambition pour leur entreprise et qui réussissent. La France a également la chance d’avoir une industrie du capital-investissement qui s’est construite au cours de ces 30 dernières années. Elle a atteint un stade de maturité, fait preuve d’un haut niveau de professionnalisme, et apporte une grande diversité avec près de 300 sociétés de capital-investissement pour servir tous les types d’entreprises. Nous sommes donc bien armés pour rattraper notre retard et construire de nouveaux champions, pour autant que la confiance dans l’entreprise, insufflée par les politiques se poursuive.

MdA : Nous sortons la 3e édition du Guide des ETI surperformantes mettant à l’honneur les ETI surperformantes. A notre grande surprise, il y a trois ans, nous avions découvert que plus de la moitié de ces ETI avaient à leur capital un fonds d’investissement. Les deux dernières éditions confirment largement cette tendance. Quelle signification donnez-vous à ces chiffres ?

Olivier Millet : Vous avez raison de le signaler ! On ne le dit pas assez, mais nous réinvestissons plusieurs fois dans les entreprises. Comme le montrent à nouveau les chiffres du 1er semestre 2016, 6 entreprises sur 10 accompagnées par le capital-investissement français ont bénéficié de réinvestissements, qui ont représenté 45% des montants alloués. De surcroît la rotation du marché se fait en grande partie auprès de fonds de capital-investissement qui repartent pour une nouvelle étape de 5 à 6 ans aux côtés des dirigeants. Nous contribuons à construire des entreprises plus grandes et plus fortes qui ont bien compris l’importance et l’intérêt d’avoir un actionnariat stable, pour mener à bien leurs projets de transformation et mieux faire face à la concurrence mondiale. 

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